L'ajout d'un poste de pharmacien au personnel du Centre de détention provisoire a contribué à réaliser des économies considérables. Selon Kory, ce poste a aussi engendré des réductions de coûts importantes.

« Beaucoup de fonctions liées au poste de pharmacien ne pouvaient pas être remplies par les infirmières. Certains produits et services devaient alors être délégués aux soins d'une tierce partie ou achetés auprès d'une source extérieure. Je crois que lorsque le gouvernement s'est penché sur cette situation, il s'est bien rendu compte qu'il serait plus efficace et rentable d'avoir un pharmacien sur les lieux pour offrir ces services. Voilà pourquoi j'ai été embauché et cela semble bien fonctionner pour tout le monde. »

Bien que l'Alberta accorde à tous les pharmaciens admissibles un certain pouvoir de prescription (ils peuvent prolonger un traitement en cours, adapter ou ajuster une ordonnance au besoin et fournir des médicaments en situation d'urgence si aucune autre personne qualifiée n'est présente sur les lieux), Kory confie que, selon lui, son milieu bénéficierait largement si le pharmacien avait le pouvoir d'instaurer un traitement.

« Il arrive qu'aucun médecin ne soit présent sur les lieux. Qu'un autre membre du personnel ait le pouvoir de prescrire des médicaments allégerait la tâche des médecins et les délais d'attente des patients. En fin du compte, cela améliorerait le niveau des soins prodigués. J'ai hâte de voir le jour où j'aurai un pouvoir d'émission d’ordonnances plus complet. »

Il est étonnant de constater que Kory considère son emploi au Centre de détention provisoire comme le même type d'emploi qu'occupe tout autre pharmacien oeuvrant en milieu hospitalier. Il admet toutefois que le travail dans un établissement correctionnel comporte certaines facettes auxquelles la plupart des pharmaciens ne seront jamais confrontés.

« Nous comptons plusieurs personnes qui sont infectées par le VIH ou qui accusent de problèmes d'éthylisme, en plus d'un certain nombre de détenus sous traitement d'entretien au méthadone. Nous voyons aussi des cas d'infection grave en raison du style de vie à haut risque pratiqué par les détenus. »

« Le Service des admission, en bas, est un endroit plutôt intimidant. C'est notre aire de triage, à l'image un peu de celle d'un hôpital militaire, où les besoins en soins médicaux sont évalués à mesure que les détenus arrivent. Ils présentent souvent des blessures graves – beaucoup de morsures de chiens policiers, d'os cassés et d'ecchymoses à la suite de poursuites en véhicules, et bien d'autres encore. Dans une certaine mesure, le Service des admissions sert aussi de Service d'urgence et peut devenir quelquefois un endroit frénétique. »

Bien que l'on puisse aisément dégager des différences évidentes entre les préoccupations d'ordre sécuritaire qui s'appliquent aux milieux hospitalier et carcéral, certaines circonstances ne vous viendraient par contre jamais à l'esprit. Par exemple, lorsqu'un détenu vient à l'unité des soins de santé pour recevoir une dose de méthadone, il est fouillé à la main à son arrivée, gardé en surveillance à vue pendant une demi-heure, puis fouillé à nouveau au moment de repartir. Pourquoi ? L'explication donnée par Kory en étonnera plus d'un.

Kory Sloan

À suivre à la deuxième partie...

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