« Les anesthésiologistes travaillent en situation de stress intense en salle d’opération. Le rythme y est soutenu et souvent, l’atmosphère y est tendue, confie Esther Fung. Il n’existe actuellement aucun processus de vérification de la préparation d’un médicament, ni de son administration par l’anesthésiologiste. Ce dernier est le seul responsable des médicaments administrés en salle d’opération – personne d’autre n’est présent pour effectuer une vérification. »

Le Dr Fedorko, anesthésiologiste au Toronto General Hospital, explique que la préparation des médicaments en salle d’opération s’effectue manuellement, dans la plupart des cas, ce qui l’expose à l’erreur humaine. « Dans un contexte où la visibilité est mauvaise et les distractions multiples, il se glisse toujours une possibilité d’erreur, et l’anesthésiologiste peut très bien confondre deux fioles ou placer la mauvaise étiquette sur un produit, ce qui peut avoir des conséquences gravissimes. »

L’administration du bon médicament présente un autre type de défi. Lors de certaines chirurgies, on compte jusqu’à 20 seringues prêtes à être administrées, et toutes portent une étiquette manuscrite.

On estime que le pourcentage de patients adultes qui connaissent des effets indésirables liés à une erreur de médication durant leur séjour à l’hôpital peut atteindre 7 %. Ce nombre passe à 12 % chez les enfants, chez qui l’administration de la bonne concentration médicamenteuse est beaucoup plus complexe.

« L’induction de l’anesthésie consiste en l’injection de médicaments létaux, chaque fois, souligne le Dr Fedorko. Essentiellement, nous retirons au patient sa fonction cervicale et musculaire. L’induction est sécuritaire parce que nous savons comment administrer ces médicaments. Il n’en demeure pas moins que l’anesthésiologiste administre environ 10 000 doses par an et que, même si le taux d’erreur est extrêmement faible, on peut s’attendre à ce qu’il commette un certain nombre d’erreurs. » Comme le précise Esther Fung, « le processus manuel de gestion des médicaments requiert une vérification électronique qui aiderait à contrer le facteur d’erreur humaine. L’objectif de notre projet consistait à mettre au point une méthode qui améliorerait la sécurité, sans encourir de coûts d’exploitation exorbitants, et sans causer d’interférence dans le déroulement du travail de l’anesthésiologiste. »

Selon le nouveau processus de préparation des médicaments par l’anesthésiologiste, tous les médicaments fournis par la pharmacie à la salle d’opération sont dotés d’un code à barres propre à chaque unité prédosée. Une composante essentielle de ce processus est le DuoCheck™, un appareil mis au point par Thornhill Research Inc., de Toronto. Cet appareil peut scanner des codes à barres de haute densité sur les fioles de médicaments, calculer les concentrations diluées, fournir une confirmation audible de l’identité du médicament scanné et générer une étiquette exacte et lisible à apposer sur la seringue. À l’étape de la préparation des médicaments, l’anesthésiologiste scanne chaque fiole pour obtenir une confirmation visuelle et audio du contenu avant de le prélever dans une seringue. S’il s’agit du bon médicament, l’anesthésiologiste touche l’écran tactile de l’appareil, pour imprimer l’étiquette, et il n’a plus qu’à la coller sur la seringue. Chaque étiquette présente le nom du médicament, son code couleur ASTM, le volume prélevé dans la seringue, la concentration diluée, la substance utilisée pour diluer, l’heure de préparation, la date de péremption et un code à barres qui contient tous ces renseignements. Juste avant l’administration du médicament, l’anesthésiologiste scanne le code à barres situé sur la seringue et obtient une confirmation indépendante visuelle et audio qu’il s’agit du bon produit à administrer, ce qui prévient la confusion possible parmi les seringues.

À suivre à la deuxième partie...

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Esther Fung

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Dr. Ludwik Federko

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Le DuoCheck

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